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Quels outils pour vos Prez ?

Pensez-vous que changer le logiciel de présentation changera la présentation ?

On me pose très souvent la question : quel logiciel utiliser pour faire des présentations ? Parmi la multitude de logiciel présents certains semblent emporter l’adhésion du public et ont su séduire par leur format « original » et « différent ». Pour découvrir cette multitude je vous renvois à Google ou encore sur ce lien : Le TOP 10 des alternatives à Powerpoint

Mon constat à ce stade c’est que l’on a toujours pas réglé la vrai question. Vous pouvez bien acheter les meilleurs produits au marché, en provenance des meilleurs producteurs et aller cueillir vos herbes dans les pâturages à la façons Marc Veyrat, ça ne fera pas de vous l’homme au chapeau.

« Savoir Présenter ne dépend pas de votre logiciel »

On dirait une vérité Lapallicienne… C’est bien ça ! Et pourtant nombreux sont ceux qui pensent que c’est l’outil qui bosse. Un peu comme quand vous pestez contre votre raquette de tennis ou votre club de golf. Faut bien attribuer l’échec à une cause extérieure… ça fait moins mal à l’EGO.

Je vous partage un secret. Pour faire les meilleurs présentations du monde et travailler votre leadership, si vous répondez correctement à ces 3 questions… vous aurez fait 50% du travail :

1 / Qui est mon public et comment voit-il les choses ?
2 / Quelle action, quel engagement j’attends de lui ?
3 / Qu’a-t-il besoin de savoir d’essentiel pour passer à l’action ?

« Attention, répondre à ces 3 questions est beaucoup plus subtil que cela en a l’air ».

 

J’ai terminé mes études de graphiste en 1994, à cette époque un bouleversement s’annonçait dans les agences de com avec l’arrivée des premiers ordinateurs. Je suis donc rentré sur le marché du travail avec une formation pointue totalement inadaptée aux nouvelles approches. Qu’à cela ne tienne, on était plutôt malins, on s’y est mis et très rapidement les ordinateurs et la PAO n’avaient plus de secret pour nous qui étions de jeunes graphistes modernes, branchés, pianotant sur des claviers Macintosh bien avant qu’Apple ne devienne cette icône de la branchitude attitude. 17 ans plus tard, j’ai vu évoluer ce métier un peu naïvement je dois le dire.
Au milieu des années 90 je pensais que l’intérêt grandissant pour la communication visuelle amènerait les Écoles qui forment les décideurs (les ESC et Cie…) de demain à s’intéresser au sujet. Grosse erreur…
Du coup les décideurs décident mal… pour la plupart. (je n’ai pas dit TOUS) Et ils décident d’autant plus mal que le développement des ordinateurs et des logiciels de design laisse croire qu’il suffit de quelques clics produisant quelques effets pour produire un « bon » design. Combien de fois ai-je entendu : « Y’en a pas pour plus d’une heure, là ? »
C’est un peu comme Powerpoint, quand vous faites votre présentation en utilisant une fonction d’animation juste pour l’effet produit, vous avez le sentiment d’avoir fait une bonne présentation.
Etre graphiste ce n’est pas maîtriser les fonctionnalités d’un logiciel et s’amuser à déformer des typos ou créer des effets photographiques mal maîtrisés.
Le design graphique c’est comme la cuisine. Il y a quelques règles de base à connaître et à maitriser pour pouvoir ensuite s’en affranchir. Si vous respectez scrupuleusement la recette du gâteau au chocolat, vous ferez une bon, voir un très bon gâteau. Plein d’autres gens pourront faire le même en suivant la même recette. Mais au bout de 10, 20,100 fois vous serez en mesure d’ajouter un peu de ceci ou de cela pour faire de votre gâteau une pâtisserie que seul vous pouvez faire. Si vous aviez commencé directement par faire votre gâteau en mélangeant les ingrédients au hasard sans respecter les quantités, vous auriez probablement obtenu un résultat plus que médiocre. Les règles de base vous ont permis de passer cette étape.
Les règles de base du design graphique ne sont pas inscrites dans les lignes de codes des logiciels de création. Si vous ne les connaissez pas vous serez un mauvais designer ou un mauvais commanditaire. La difficulté ici est d’accepter que l’on ne les connait pas. Car en matière de communication visuelle, comme en Politique, tous le monde considère avoir un avis judicieux. Peu de décideurs ont compris que le design est une compétence qui s’acquiert et non une sensibilité qui s’étale.
Avant de savoir ce qu’il allait faire de sa vie, Steeve Job a suivi une formation en typographie. Cette culture a donné de grandes orientations à l’univers Apple et a largement contribué au succès de la marque. Un bon design, une belle mise en page, une belle présentation, en plus de simplifier la vie des utilisateurs, permettent la diffusion des idées.
Pour bien comprendre pourquoi les entreprises françaises manquent un peu de clairvoyance sur ce sujet, retournons à notre gâteau au chocolat ou plus largement à la gastronomie française. Il est coutumier de dire (allez soyons chauvins) que La France est Le pays de La Gastronomie, c’est-à-dire que dans sa grande majorité, la population est sensibilisée, éduquée et maîtrise les bases qui permettent d’apprécier la finesse d’un mets, la subtilité d’une épice ou encore certains mélanges détonants. On pourrait dire finalement que le niveau de connaissance collective en matière de gastronomie est plutôt élevé. A l’inverse (et pardonnez-moi pour cette caricature extrême qui vise à servir mon objectif pédagogique) on ne peut pas en dire autant de nos voisins Anglais à la gastronomie « limitée » aux burgers et autres fish and chips (pardon). Et bien c’est exactement l’inverse pour le Design graphique, la culture Anglo-saxonne est bien plus éveillée aux enjeux liés aux outils de communication que ne l’est la culture Française. Par conséquent, les entrepreneurs Anglo-saxon non seulement hésiteront moins à faire appel à des compétences identifiées pour se faire accompagner dans leurs démarches mais en auront surtout la capacité qu’un décideur Français maîtrisera moins.
Il n’y a donc aucune raison de se flageller puisque tout ça n’est qu’une question de culture et non pas d’intelligence.
L’intelligence étant plutôt d’arrêter de croire qu’il n’y a QUE les autres qui ne savent pas.