Archives

Idées

Quel est le premier problème d'un communicant ?

C’est à cette question que nous devrions répondre à chaque fois que nous avons à prendre la parole devant un public, quel qu’il soit. Et notre premier problème est de savoir comment nous pouvons obtenir l’attention de ce public. Tant que nous n’avons pas réglé cette question, peu importe ce que nous avons à dire. Il semblerait que ce banquier Hollandais l’ait bien compris.

Sommes-nous propriétaire de nos idées?

les jeunes (ou moins jeunes) créateurs d’entreprises craignent trop souvent de partager leurs idées par peur de se les faire « piquer ». Mais, est-ce si simple de « piquer » une idée ? Et d’ailleurs, peut-on vraiment « piquer » une idée à quelqu’un ? Comme si une idée devait avoir un propriétaire ? C’est vrai qu’on entend souvent « c’est mon idée », « c’était son idée » « qui a eu cette idée? » … Les idées sont donc naturellement attribuées à une personne qui peut s’enorgueillir d’avoir été celui ou celle par qui le succès est arrivé. Vous avez surement remarqué qu’il est beaucoup plus rare de trouver un nom en face d’une idée « pourrie ». Mais une idée peut-elle entièrement être attribuée à quelqu’un ? Qu’elle soit bonne ou moins bonne a-t-elle germé dans l’esprit d’une seule personne ? Évidemment non !
Les idées germent, fleurissent et s’épanouissent dans tous les esprits qui ont contribué a les rendre possible.
Les idées sont donc LÀ, flottantes, fragmentées, dispersées, confuses, floues. Et chacun d’entre nous à la possibilité d’y accéder, de les mixer, de les transformer pour les étayer, les éclaircir, les rendre possibles. Ce qui implique que plus une idée est nourrie par des sources créatives différentes, plus elle prend du poids et plus elle s’enrichit. Ce qui implique également, que si vous avez une idée, plus vous en parlez et plus vous la rendez possible. Et pour vous aider à lâcher prise sur la confidentialité je souhaiterais vous faire partager ce point de vue de Marc Halevy (Philosophe français) qui donne accès libre à ses contenus simplement parce qu’il a une conscience aigüe que la valeur de l’information contenue dans un simple fichier informatique n’est rien par rapport à la valeur créée par l’intervenant qui en parle.
Des millions d’autres personnes ont compris cela. Ils parlent et partagent leurs idées dans la blogosphère. Ils ouvrent ainsi de nouvelles possibilités infinies.
Confrontez-vos idées, elles s’enrichiront … et peut-être vous avec 😉

Est-ce que vous vous ennuyez en réunion ?

C’est un sujet qui revient fréquemment dans les discussions de la vie de bureau. Et quand il revient c’est rarement pour faire l’éloge des heures passées autour d’une table à lutter contre l’assoupissement qui nous gagne. C’est triste à dire, mais tant que la majorité d’entre nous pensera qu’il est plus jouissif de s’écouter parler que de faire passer des idées… alors nous continuerons à nous ennuyer en réunion. Mais après tout, c’est une chance pour les autres qui pensent que diffuser des idées, ça ouvre des portes !
Et dans un monde où le Blabla prédomine, faire passer ses idées est de toute évidence plus facile puisqu’il suffit d’un peu de changement dans leur formulation pour les rendre beaucoup plus accessibles (que celles des autres). Les premiers qui comprendront que dans une économie connectée la diffusion des idées nécessite des messages simples, l’emporteront. Tous ceux qui continueront à s’écouter parler à un niveau d’expertise élevé… perdront.

La grande majorité d’entre nous pense que la parole d’expert est nécessaire pour être crédible. Difficile de contredire rationnellement un tel argument.
Pourtant, je suis intimement convaincu qu’ils se trompent. Il y a quelques semaines, j’ai accompagné une consultante en marketing sur son argumentaire commercial et sa présentation « corporate ». Elle m’a déroulé son intervention illustrée par quelques slides powerpoint (qu’elle avait particulièrement soignés, connaissant mon exigence sur le sujet). Au bout de quelques minutes je lui demande si elle a remarqué mon attitude assoupie ? En très peu de temps elle m’avait délivré une quantité d’informations qu’aucun être normalement constitué ne peut ingérer. Personnalité brillante et bardée de diplômes sa présentation valorisait à 100% son expertise. Et alors ? Quel besoin a-t-elle de déverser son expertise à travers un jargon professionnel indigeste ? Aucun, si ce n’est le plaisir de s’écouter parler !

Quand je rencontre un client ou un prospect, le postulat de base de notre rencontre c’est que nous sommes compétents dans nos domaines d’expertise (sérieusement, vous prendriez rdv avec quelqu’un que vous estimez incompétent ?). Quand vous souhaitez refaire votre salle de bain et que vous consultez 2 ou 3 plombiers pour avoir un devis, est-ce que vous leur demandez une démonstration de soudure au zinc ? Bien sûr que non, le postulat de base c’est qu’ils sont compétents.

Nous sommes tous experts, nous sommes tous compétents, nous sommes tous subtils et nous avons tous la capacité à aller loin dans les niveaux d’abstraction de notre expertise. Mais de grâce, quand nous sommes en relation avec d’autres êtres humains, qui, comme nous, ont besoin d’échanger pour se sentir exister, alors abordons nos réunions avec simplicité.
C’est la seule et unique voie pour trouver des solutions, faciliter les échanges et permettre aux idées de circuler. A quoi cela sert-il d’avoir de bonnes idées, si elles ne circulent pas ?

Comment éviter le piège de l'expertise ?

Ou, comment arrêter le blabla ?
La première étape (difficile) sera d’accepter de lier les notions d’expert et de blabla. Je me doute bien que la plupart d’entre nous n’appréciera guère d’être identifié comme blablateur. Et pourtant… tous les témoignages et anecdotes que je rencontre vont dans ce sens. Plus le niveau d’expertise est élevé, plus le blabla l’emporte. Pour illustrer cette idée, l’humour de cette annonce d’IBM me paraît tout à fait adapté.

Pour rendre ses propos accessibles à tous et faciliter ainsi les échanges et l’émergence de nouvelles idées, il faut accepter d’aller vers la simplification des propos. Autant dire se tirer une balle dans le pied quand l’expert qui est en nous jubile à l’idée de briller en réunion.
Je vous invite à faire le décompte des messages clés qui vous seront délivrés lors de votre prochaine réunion. J’appelle un message clé, une idée à côté de laquelle il ne faut absolument pas passer. Quand vous l’aurez trouvée, demandez-vous si c’est bien ça l’idée clé. Et recommencez jusqu’à être absolument certain du message important à délivrer pendant cette réunion. Il est possible que vous n’en trouviez pas… désolé… ce n’est probablement pas de votre faute. On vous a juste convié à une réunion sans intérêt. Bon, allez… admettons que vous en ayez trouvé une… peut-être deux ? Posez-vous ensuite la question du comment cette idée aurait-elle pu être véhiculée jusqu’à vous et en combien de temps ?
Vous constaterez que non seulement vous auriez pu gagner beaucoup, beaucoup, beaucoup de temps (si on cumule toutes les réunions de l’année… ça fait …. Wouha!) et que une fois un message clé identifié, sa transmission n’en est que plus facile au moyen de mots simples et d’images concrètes.
Voilà comment éviter les piège de l’expertise : en étant CONCRÊT

Comment être concrêt ?

Dans nos vies personnelles nous savons tous intuitivement comment faire passer une idée, comment nous faire comprendre, comment faciliter les échanges. Pourquoi, alors, dés que nous passons la porte de l’entreprise cette capacité naturelle à délivrer des messages simples disparaît ?
Il y a quelques temps, j’ai accompagné un cadre responsable d’un service achat. Son entreprise était en pleine restructuration avec de nouvelles orientations, des changements de stratégie, une remise en question profonde. On lui avait donc demandé de prendre le virage de cette nouvelle organisation et de restructurer son service pour être en phase avec cette nouvelle vision. Ce qu’il a fait brillamment de façon innovante en simplifiant les démarches d’achat, en raccourcissant les circuits et en favorisant la relation de confiance avec les fournisseurs. Son problème, c’est qu’il savait pertinemment qu’on lui opposerait l’argument Ô combien cher aux entreprises : Comment pourra-t-on contrôler ?
Il fallait trouver le moyen de faire porter l’attention sur la valeur créée par la relation de confiance plutôt que sur les éventuelles pertes liées à la suppression des contrôles. La solution nous est venue dans une « discussion de comptoir », la même qu’il aurait pu avoir avec ses amis. Il a illustré son propos en s’inspirant de l’évolution des chemins de fer.

Pendant des années, nous avons contrôlé les trains (fournisseurs) qui entraient et sortaient de l’entreprise et ce à différentes étapes de la relation. Parfois même, nous avons dû aiguiller à plusieurs reprises des trains qui finalement revenaient sur la même voie. A chaque aiguillage, les trains ont dû ralentir avant de repartir… mais pas trop vite, l’aiguillage suivant n’étant pas très loin.
Aujourd’hui, le monde a changé, tout va plus vite, plus loin, plus souvent. Les lignes de train corail omnibus ont laissé place à des lignes directes empruntées par des TGV qui filent à 300 à l’heure et nous en conviendrons c’est une véritable avancée pour les usagers.
Notre service achat doit abandonner l’idée des postes d’aiguillage en permettant aux fournisseurs fidèles de construire en confiance une relation avec les équipes de production et ainsi réduire les étapes. Ce sera pour l’entreprise, un gain de temps et d’argent considérable sans parler de l’amélioration des relations qui peuvent permettre l’émergence de nouveaux partenariats.

Sa présentation a été accueillie avec succès. Il a su rendre ses idées concrètes et l’analogie avec les chemins de fers en a facilité la diffusion parce que c’est simple et concret. Autrement dit, c’est compréhensible et mémorisable, les clés de la viralité.

Sur un sujet aussi complexe que la confiance en entreprise, je trouve que c’est une belle performance et je vous partage cette vidéo de Frédéric Lippi lors de sa conférence TED à La Rochelle le 5 octobre 2013. Faire confiance à priori.